Dis est ce que tu crois qu’il est envisageable qu’un jour prochain je puisse réintégrer ce qu’on appelait autrefois le domicile conjugal ? Je ne sais pas exactement ce que sera ta réponse. Je sais que les miennes sont longues à arriver mais bon, ça prend du temps de s’occuper d’un blog comme les jeunes disent, même si c’est effectivement le nom donné à ces endroits, et je vois que nous avons des « fans ». Honnêtement je ne pensais pas que ça pourrait intéresser qui que ce soi, et pourtant. Je me demande si notre histoire n’inspire pas d’autres vocations à s’étaler sur un écran. Je ne sais, mais après tout qu’est ce que ça peut faire.
Tu sais que j’ai quitté cette boite où à force de vendre de l’herbe aromatique, j’ai l’impression d’en avoir trop snifer et que ça a délabré mes neurones, déjà que je n’en avais pas beaucoup.
Tu sais également que je ne suis pas sorti de cette foutue dépression, et qu’en plus de tout ça, je suis toujours au chômage. Si tu acceptais de me « reprendre » tu vois quel fardeau tu aurais sur le dos ? Au moins on ne pourra pas dire que je ne t’aurais pas prévenu. Oui je sais on appelle ça du cynisme, il paraît que j’en fais de plus en plus. La vie se charge bien souvent de nous obliger à devenir cynique. C’est comme ça, indépendant de notre volonté, je ne sais. En tout cas, j’ai tout de même ce désir de vouloir m’en sortir. Je trouve que ça fait un sacré pas, par rapport à ce que j’ai pu être ces derniers mois. Oui je sais je t’ai étonné devant le juge, devant nos avocats, mes mots n’étaient pas ceux de quelqu’un qui va divorcer, qui veut se séparer de l’être qu’il a choisi il y a déjà tant d’années. Je me demande même si c’était moi qui les prononçait, qui les sortait de ma tête ? Et pourtant faut bien se rendre à l’évidence, c’était bien moi. C’est sûr que le juge fut tellement surpris, qu’il n’ a pu prendre de décision finale lors de notre conciliation. Je ne sais pas si on a déjà vu ça dans les affaires de divorce ! J’innove alors !! J’en serais presque fier, pour une fois que je suis fier de quelque chose, si ce n’est mes enfants.
Je les ai eu le week end dernier, et j’ai senti qu’ils étaient plus détendus avec moi, j’allais presque dire plus cool. Je ne pense pas avoir changé quoi que ce soit à mon comportement envers eux, ou alors quelque chose qu’ils sentent en moi. Je ne sais, mon psy dit que j’ai un sentiment en moi refoulé, d’amour filiale. Voilà maintenant qu’il veut mettre ce que j’ai, sur le dos de mes parents. Je sais que tout vient de l’enfance, mais tout de même, de là à dire que je suis en manque d’amour filiale, faut le faire ? J’ai hésité à lui mettre son carnet de note en travers la gueule en fait. Et puis non, je me suis dit, et si c’était vrai ? Qu’en penses tu toi ? D’ailleurs est ce qu’on a vraiment parlé de nos jeunesses respectives, de nos parents, de ce qu’on a pu vivre avant notre rencontre ? Je veux dire sérieusement, pas les ce qu’on a pu se dire sur nous pour faire connaissance, puisqu’après c’est bien connu, on ne se dit plus rien !
En tout cas ton dernier tout petit article sur notre blog m’a touché.. Tu te rends compte, tu me touches encore !! Donc voilà, je t’ai écrit, je t’ai encore livré un peu de mes états d’âme tellement passionnante, tellement !!! Ma demande de revenir chez « toi » est toujours valable.. peut être une approche, un repas avec les enfants, et puis je rentrerais chez « moi ». Et puis peut être passer un week end !! C’est fou ça ! je viendrais peut être un week end sur deux !! j’en rirais presque là, comme le droit de visite des enfants !! quand ils seront chez moi, tu viendras avec eux, et quand ça sera le week end où je ne les ai pas, je viendrais chez vous !!! non ? on ne peut pas faire ça ? Au moins ça m’aura mis de bonne humeur de rire comme ça.. Ne crois tu pas que ce soit un bon début ?
Et bien voilà, je vais arrêter là cet article ( on se croirait au figaro magazine ).
Je te salue Marianne !
Dernières pensées du jour
Mais comment ce fait il que tu te préoccupes de ce que je vais faire ? Comment ce fait il que les enfants soient inquiets à ce point là ? Est ce que vous auriez peur que je ne puisse plus subvenir à une quelconque pension alimentaire ? Est ce que mes deux enfants chéris, auraient peur que leur père chéri, ne puisse plus leur acheter les dernières fringues qu’ils désireraient ?
Est ce que quelqu’un a pensé à moi dans tout ça ? Est ce que quelqu’un sait que ça fait des années que je me fais chier, car c’est le mot, dans un boulot qui m’oppresse, qui m’étouffe, qui m’asphyxie ? Et pourtant je crois bien que je vous l’ai fait assez payer, si je lis bien tout ce que tu as pu écrire. Ma mauvaise humeur, mes coups de gueule, mes cris, mes accès de solitude devenus de plus en plus fréquent. N’est ce pas des signes précurseurs d’un état que l’on appelle dépression ? Mais si tu le sais par cœur Marianne, mais si. Tu le sais que je ne vais pas très bien, mais je te rassure, je me soigne, et d’ailleurs je commence à y voir de mieux en mieux dans ma vie. Je vis seul reclus. Je bosse chez ces cons la journée, je rentre dans mon petit « chez moi » le soir, je dors ( peu ), et je me lève le matin, et je recommence le train train quotidien qui rythme ma vie. Oh je sais bien que tu vas me dire, haut et fort ! « et moi » avec les enfants, la maison à tenir ( je te l’ai laissé, mais on peu échangé les 6 pièces contre mon studio si tu veux), et tout et tout. Je sais, et d’ailleurs je le sais par cœur, tu me l’as assez serinée durant des années durant. Je ne sais pas si j’aurais le courage d’aller au bout de mon envi de vouloir changer ma vie, de vouloir quitter mon boulot de merde, je ne sais pas. Je sais bien qu’il faut que je mange, qu’il faut que j’aide les enfants, toi accessoirement…
Un autre truc qui me fait bondir.. C’est quoi ces histoires où tu me dis que je te rabaisse aux yeux des gens qui ont pu nous connaître ? Que je te dénigre ? Franchement, tu me crois capable de ça ? Je serais toi, je commencerais à regarder autour de moi, et à voir qui est de ton côté, et qui est du mien, comme ci il devait y avoir un côté à choisir. Ils étaient bien avec nous quand nous étions ensemble, aujourd’hui ils doivent choisir ? Et le pire c’est qu’apparemment ils l’ont fait, tous du tien.. mais méfie toi Marianne, méfie toi, de ce qu’on peut bien te dire, de ce qu’on veut bien me faire dire. Tout ce qu’on me fait dire, ne sort pas de ma bouche.
Je ne suis plus ton Vincent ? non c’est vrai ? Sans blague ? Est ce que je l’étais encore quand je m’enfonçais doucement, inexorablement vers ma chute mentale. Je ne sais même pas répondre à cette question. Certain dirait, « ah ben rien n’est perdu » Ouais si on veut, à la vue des papiers que je viens de recevoir ce midi, notre rendez vous devant le juge pour la conciliation, ce mot décidément me fera toujours rire dans les divorces, est toujours prévu au jeudi 13 octobre à 11h15.
Enfin quelqu’un qui va peut être m’écouter. Quoi que je doute un peu, c’est une femme ! Madame le juge va certainement prendre le parti d’une de ces congénères en détresse. Je ne suis pas sûr qu’elle décèle la mienne.
Alors que fait on Marianne ? On continu de se déchirer ou est ce qu’on devient intelligent ?
Vincent